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CharpenteÉlément du toit

La charpente en fermettes, des fermes légères faites en usine

La charpente fermette, aussi appelée charpente industrialisée, est faite de fermes légères préfabriquées en usine et posées à faible écartement. C’est la charpente la plus courante des maisons neuves ; elle a ses règles, notamment sur les combles.

Rédigé par Gaspard Lhermite · relu par Clémence Aubriot · mis à jour le

Fermettes en bois assemblées par connecteurs métalliques, alignées dans un comble perdu

Réponse courte

Une charpente fermette est faite de fermes triangulées légères, en bois de faible section, assemblées en usine par des connecteurs métalliques et posées rapprochées. Elles reçoivent directement la couverture, sans pannes ni chevrons. Économique et rapide à monter, elle laisse souvent des combles perdus et ne se modifie jamais sans étude.

Ce qu’est une fermette

Le guide technique du CODIFAB, rédigé avec les fabricants de charpente industrielle, définit la charpente industrialisée, ou charpente fermette, comme un ensemble d’éléments tous aussi importants les uns que les autres : des fermes à faible espacement, en général inférieur à 1,10 m, faites de bois de structure classé C24 et d’éléments d’assemblage, connecteurs métalliques ou goussets en contreplaqué ; des ancrages ; des pièces transversales qui maintiennent l’écartement ; et des pièces de stabilisation.

Elle est dite industrialisée parce qu’elle est préfabriquée en usine et livrée prête à être montée. Les fermes supportent le plafond et l’isolation et reçoivent directement la couverture. Elles se passent des solives, des pannes et des chevrons d’une charpente traditionnelle à pannes.

Le CNDB précise les ordres de grandeur. Les fermettes sont des éléments triangulés en bois de faible section, d’épaisseur minimum 36 mm jusqu’à 15 m de portée et 46 mm au-delà, capables de franchir des portées jusqu’à 20 mètres. Elles sont espacées généralement de 60 cm, et l’écart peut être porté jusqu’à 1,20 m. Les assemblages sont faits par des connecteurs, des plaques d’acier munies de dents embouties, pressées sur le bois.

Fermettes et charpente traditionnelle : la vraie différence

Une charpente traditionnelle concentre les charges sur quelques fermes massives, très espacées. La fermette fonctionne à l’inverse : selon le CNDB, elle travaille dans une logique de charges distribuées, chaque fermette portant une petite part du toit. Cette différence explique tout le reste. Une fermette est légère et économique, mais chaque pièce compte : en retirer une, c’est priver la structure d’un élément calculé.

Elle explique aussi la question des combles. Une ferme en W, la plus courante, remplit le volume du comble de diagonales. Le CNDB note que ce type de charpente n’est pas toujours adapté pour les combles habitables. Il existe pourtant des fermettes pour combles aménageables : ferme à entrait porteur de plancher, ferme en A, ferme à la Mansart. Elles se choisissent dès la conception, pas après coup.

Les types de fermettes

Le CNDB distingue deux groupes.

  • Pour combles non aménageables : la ferme en W, la plus courante ; la ferme en double W pour les grandes portées ; la ferme en M pour les plafonds lourds et couvertures légères ; la ferme en éventail pour les plafonds légers et couvertures lourdes.
  • Pour combles aménageables : la ferme à entrait porteur de plancher, la ferme en A, la ferme à la Mansart, et les fermes boiteuses pour les chiens-assis.

Toutes ont besoin de deux dispositifs que l’on oublie parfois sur le chantier. L’antiflambement empêche les pièces comprimées de se déformer dans leur épaisseur. Le contreventement stabilise l’ensemble contre la poussée du vent sur les pignons. Le CNDB précise que, quand les deux doivent être fixés au même endroit, la priorité revient au dispositif d’antiflambement.

Ce qu’on ne fait jamais sur une fermette

Le guide du CODIFAB est catégorique : une charpente industrialisée ne doit en aucun cas être modifiée sans une étude adaptée réalisée par un professionnel. La règle vaut pour toutes les charpentes en bois calculées, et elle vise ici les gestes courants des travaux d’aménagement : scier une diagonale pour gagner de la place, entailler un entrait pour passer une gaine, ouvrir une trémie pour une fenêtre de toit. Le guide note que les ouvrages particuliers (cheminées, lucarnes, escaliers) improvisés sur le chantier sont une source importante de sinistres, et que les fermes interrompues doivent être renforcées selon un calcul prévu à l’avance.

Un comble perdu sur fermettes n’est pas non plus un grenier. Les entraits portent le plafond et l’isolant, pas des cartons lourds, sauf si le fabricant l’a prévu. Pour circuler, il faut un platelage : marcher entre les entraits, c’est risquer de passer à travers le plafond, une forme de chute de hauteur que l’INRS range parmi les situations à risque.

Du chantier à la maison habitée

Le CODIFAB décrit une chaîne de trois intervenants : la maîtrise d’œuvre choisit la charpente, le fabricant et son bureau d’études la calculent et la livrent avec un plan de pose, l’entreprise de pose la monte et vérifie qu’aucune pièce ne manque. Il insiste sur les documents papier, seuls garants de la bonne transmission des informations : gardez le plan de pose avec les papiers de la maison.

Il rappelle aussi une règle de stockage : les fermes ne doivent pas toucher le sol, et pour un stockage de plus de 15 jours, il faut les protéger de la pluie sans gêner leur ventilation. Une fermette qui a pris l’eau sur le chantier peut se déformer avant même d’être posée.

À surveiller depuis le sol

  • Depuis les combles, à la lampe : l’alignement des fermettes et la présence des lisses qui les relient.
  • Les connecteurs métalliques : bien plaqués sur le bois, sans dents ressorties.
  • Toute trace de découpe ancienne autour d’un conduit, d’une trappe ou d’une fenêtre de toit.
  • Au plafond des pièces du dessus : fissures nouvelles ou affaissement entre deux fermettes.

Les signes

  • Diagonale ou entrait scié, entaillé ou percé lors de travaux.
  • Connecteur métallique soulevé, déformé ou rouillé.
  • Fermette qui vrille ou n’est plus d’aplomb par rapport à ses voisines.
  • Pièces d’antiflambement ou lisses absentes, décrochées ou déclouées.
  • Plafond qui fléchit sous un comble utilisé pour du stockage.

Les mots du couvreur

Connecteur
Plaque en tôle d’acier munie de dents embouties, qui assemble les pièces d’une fermette.
Antiflambement
Ensemble des pièces qui empêchent les éléments comprimés d’une ferme de se déformer dans leur épaisseur.
Contreventement
Ensemble des pièces qui stabilisent la charpente contre la poussée horizontale du vent.
Lisse filante
Pièce longitudinale qui croise et relie plusieurs fermes consécutives.
Trémie
Ouverture réservée dans une toiture ou un plancher pour un escalier, une lucarne ou un conduit.

Quand passer la main

Avant d’aménager des combles ou d’ouvrir une trémie dans une charpente en fermettes, consultez un charpentier ou un bureau d’études, idéalement avec le plan de pose du fabricant : toute modification demande un calcul. Pour une pièce abîmée ou coupée, c’est aussi le charpentier qui juge du renfort. Pour une infiltration visible sur les fermettes, appelez un couvreur.

Questions fréquentes

Quelle est la distance standard entre les fermes d’une charpente fermette ?
Le CNDB indique un espacement généralement de 60 cm, pouvant être porté jusqu’à 1,20 m ; le guide du CODIFAB parle d’un espacement en général inférieur à 1,10 m. Sur une maison donnée, c’est le plan de pose du fabricant qui fait foi.
Quelle est la différence entre une charpente traditionnelle et une fermette ?
La traditionnelle concentre les charges sur quelques fermes massives qui portent pannes et chevrons, et dégage souvent un comble utilisable. La fermette répartit les charges sur de nombreuses fermes légères préfabriquées qui portent directement la couverture.
Comment modifier une charpente en fermette ?
Uniquement après une étude par un professionnel, charpentier ou bureau d’études, idéalement avec le plan du fabricant. Couper une diagonale ou un entrait sans calcul ni renfort affaiblit toute la structure.

Ce que nous avons lu

Nous avons lu le guide technique « La charpente industrialisée en bois » du CODIFAB, édition 2024 (CODIFAB, guide technique), lu le 12/10/2026 ; la page du Comité national pour le développement du bois sur les charpentes (CNDB, charpentes bois), lue le 12/10/2026 ; la fiche chantier n° 13 « Charpentes industrielles de type fermettes » du ministère de la Transition écologique, rédigée pour la construction parasismique aux Antilles (ministère, fiche 13), lue le 12/10/2026, pour l’antiflambement et le contreventement ; et la page de l’INRS sur les chutes de hauteur (INRS), lue le 12/10/2026.

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