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DésordresRègle

Toiture en amiante-ciment : plaques, ardoises et conduits à repérer

Une toiture en amiante-ciment ne présente pas de danger tant qu’on n’y touche pas : le risque vient des fibres libérées quand on brosse, perce, casse ou dépose les plaques. Tout commence par un repérage confié à un opérateur certifié.

Rédigé par Gaspard Lhermite · relu par Clémence Aubriot · mis à jour le

Hangar couvert de plaques ondulées grises anciennes avec lichens, vu depuis le sol à distance

Réponse courte

Une toiture posée avant l’interdiction générale de l’amiante en 1997 peut en contenir : plaques ondulées, ardoises en fibres-ciment, conduits, accessoires de couverture. Seule une analyse le confirme. Ne brossez, ne percez et ne déposez rien. Faites réaliser un repérage par un opérateur certifié, puis confiez tout travail à une entreprise certifiée.

Les éléments de toiture concernés

L’amiante a été mélangé au ciment pour fabriquer des matériaux légers et résistants : c’est l’amiante-ciment, souvent appelé fibrociment ou fibres-ciment. Sur un toit, on le trouve sous plusieurs formes. Les plaques ondulées grises des hangars, garages et dépendances sont les plus connues. Les ardoises artificielles en fibres-ciment imitent l’ardoise naturelle et trompent souvent l’œil. S’y ajoutent les conduits de fumée ou de ventilation, certaines faîtières, closoirs et plaques posées sous les tuiles, ainsi que des gouttières et descentes anciennes.

Le fibrociment fabriqué après l’interdiction n’en contient plus, et les deux se ressemblent. La date de pose donne un indice, l’aspect aussi, mais aucun ne prouve rien. Seule une analyse en laboratoire d’un prélèvement, réalisée dans le cadre d’un repérage, tranche.

Pourquoi l’amiante-ciment est dangereux lors des travaux

Dans une plaque d’amiante-ciment, les fibres sont liées par le ciment. Le ministère de la Transition écologique classe ces plaques parmi les matériaux pour lesquels le risque de dispersion des fibres intervient notamment à l’occasion de travaux. Brosser, gratter, percer, découper, casser une plaque ou marcher dessus libère des fibres invisibles. L’usure avancée d’une plaque très dégradée en libère aussi.

L’INRS décrit des fibres invisibles dans les poussières, qui peuvent se déposer au fond des poumons et provoquer des maladies graves : plaques pleurales, cancers des poumons et de la plèvre, fibroses. Les effets surviennent souvent plusieurs années après l’exposition. La plaque elle-même pose un second risque : elle peut céder sous le poids d’une personne. Le risque de chute à travers une toiture fragile s’ajoute donc au risque sanitaire.

Ce qu’un particulier ne fait pas

Pas de démoussage de la toiture, pas de nettoyage à la brosse ou au jet, pas de perçage pour fixer un panneau ou une antenne, pas de découpe, pas de dépose, même partielle. La peinture n’est pas une parade maison : sur un matériau amianté, elle relève de l’encapsulage, que l’INRS range avec le retrait parmi les activités de sous-section 3, réservées à des entreprises certifiées. Les interventions ponctuelles sur des matériaux susceptibles de libérer des fibres forment la sous-section 4, avec leurs propres règles de formation et de protection.

Le repérage, point de départ de toute décision

Avant des travaux, le repérage est une obligation. La DREETS le rappelle : l’ensemble des donneurs d’ordre, professionnels ou particuliers, ainsi que les maîtres d’ouvrage doivent faire rechercher la présence d’amiante avant de réaliser des travaux. Lors de la vente d’une maison dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, un état d’amiante est aussi exigé, réalisé par un professionnel certifié et indépendant de toute entreprise de retrait. Nous ne détaillons pas ici ce diagnostic de vente, qui a sa propre fiche sur service-public.fr.

Le rapport indique les matériaux contenant de l’amiante et leur état. Un matériau en bon état peut rester en place, sous surveillance. Un matériau dégradé, ou un projet de travaux, conduit à faire appel à une entreprise certifiée. Service-public.fr met à disposition un outil pour trouver une entreprise certifiée pour le retrait et le confinement de l’amiante.

Rénover un toit amianté

Trois voies existent en général : laisser en place un matériau sain en le surveillant, le recouvrir ou l’encapsuler, ou le retirer pour poser une nouvelle couverture. Le choix dépend du rapport, de l’état des plaques, de la charpente en bois porteuse et du projet. Les déchets d’amiante suivent une filière d’élimination dédiée : l’entreprise certifiée la prend en charge, et la mairie indique les points de collecte qui acceptent ce type de déchet. Pour une copropriété, le syndicat des copropriétaires tient un dossier technique amiante pour les parties communes.

À surveiller depuis le sol

  • Des plaques ondulées fissurées, cassées ou très effritées en surface, vues depuis le sol.
  • Des morceaux de plaque tombés au pied du bâtiment.
  • Un conduit en fibres-ciment fendu ou écaillé dans les combles.
  • Une couverture très moussue sur des plaques anciennes : aucun nettoyage avant repérage.

Comment ça se passe

  1. Repérer la date de construction ou de pose de la couverture et ne toucher à aucun élément suspect.

  2. Faire réaliser un repérage par un opérateur certifié, avec prélèvements et analyses si besoin.

  3. Lire le rapport : matériaux concernés, état de conservation, recommandations.

  4. Pour tout retrait, recouvrement ou encapsulage, consulter une entreprise certifiée pour le traitement de l’amiante.

  5. Faire éliminer les déchets par la filière dédiée et conserver les documents remis.

Les mots du couvreur

Amiante-ciment
Mélange de ciment et de fibres d’amiante, utilisé pour les plaques, ardoises et conduits.
Repérage avant travaux
Recherche d’amiante obligatoire avant des travaux, réalisée par un opérateur certifié.
Encapsulage
Recouvrement d’un matériau amianté pour empêcher la libération de fibres.
Sous-section 3
Catégorie du Code du travail qui regroupe le retrait et l’encapsulage de matériaux amiantés.

Quand passer la main

Le repérage revient à un opérateur certifié, indépendant de toute entreprise de travaux. Le retrait, le recouvrement ou l’encapsulage reviennent à une entreprise certifiée pour le traitement de l’amiante, et la pose de la nouvelle couverture à un couvreur. La mairie renseigne sur les points de collecte des déchets amiantés.

Questions fréquentes

Que faire si l’amiante se trouve sur le toit de ma maison ?
Ne touchez à rien et faites réaliser un repérage par un opérateur certifié. Un matériau en bon état peut rester en place sous surveillance ; tout retrait ou encapsulage revient à une entreprise certifiée.
Comment reconnaître une toiture en amiante ?
Plaques ondulées grises, ardoises en fibres-ciment et conduits posés avant l’interdiction de l’amiante sont suspects, mais l’œil ne suffit pas. Seule l’analyse d’un prélèvement, faite lors d’un repérage, le confirme.
Peut-on vendre une maison avec un toit en amiante ?
Oui. Pour une maison dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, un état d’amiante réalisé par un professionnel certifié est remis à l’acquéreur pour l’informer.

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