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Le toit en zinc : joint debout, tasseaux et points de vigilance

Un toit en zinc est une couverture faite de longues feuilles de métal assemblées sur un support en bois. Nous expliquons les deux poses courantes, le joint debout et les tasseaux, puis les points que les fiches de l’Agence qualité construction signalent comme sources de désordres.

Rédigé par Clémence Aubriot · mis à jour le

Toit en zinc patiné gris clair posé à joint debout, lignes verticales régulières

Réponse courte

Un toit en zinc se compose de longues feuilles de métal posées sur un support continu en bois et assemblées soit par joint debout, soit sur tasseaux. Léger et peu exigeant en entretien, il demande une ventilation de sa sous-face, des fixations qui laissent le métal se dilater et un zingueur qualifié.

Ce qu’est une couverture en zinc

Le zinc appartient aux couvertures dites en grands éléments, avec le bac acier, l’inox ou le cuivre, comme les classe la fiche de l’Agence qualité construction (AQC) sur ces couvertures. Il arrive en feuilles ou en longues bandes que le zingueur façonne sur place, de l’égout au faîtage. Le métal est léger pour la charpente et se plie à des formes courbes, d’où son emploi sur les dômes, les lucarnes et les toits à faible pente.

Le zinc naturel est brillant à la pose. Avec le temps, il se couvre d’une patine grise mate qui le protège. Il existe aussi du zinc prépatiné en usine, ou laqué. Le métal sert enfin à la zinguerie : gouttières, noues, bandes de rive et solins, qui recueillent et évacuent l’eau de pluie sur tous les types de toits.

La pose à joint debout

Le joint debout est la pose la plus répandue. Les bords de deux feuilles voisines sont relevés verticalement, puis pliés ensemble, une ou deux fois, pour former une nervure fine et continue qui court dans le sens de la pente. L’eau s’écoule entre les joints sans jamais les franchir.

Les feuilles ne sont pas percées. Elles tiennent par des pattes cachées dans le joint : certaines sont fixes, d’autres coulissantes, pour que le métal puisse s’allonger à la chaleur et se rétracter au froid. Une fixation qui bloque cette dilatation finit par déformer la feuille. La fiche de l’AQC range justement les dilatations non maîtrisées parmi les causes de désordres.

La pose sur tasseaux

Dans la pose sur tasseaux, des liteaux de bois à section trapézoïdale sont fixés sur le support dans le sens de la pente. Les bords des feuilles se relèvent contre ces tasseaux, puis un couvre-joint en zinc vient coiffer l’ensemble. Le relief obtenu est plus marqué que celui du joint debout. Cette pose se rencontre surtout sur les bâtiments anciens et en rénovation. Une troisième pose, dite à ressaut ou en gradins, dispose les feuilles horizontalement en marches successives.

Quelle que soit la pose, le zinc repose sur un support continu : des voliges, planches jointives clouées sur les chevrons, ou des panneaux de bois adaptés. La pente minimale admise dépend du DTU 40.41, du mode de pose et de la longueur du rampant. Pour situer votre toit, lisez notre page sur la pente de toiture.

Ventilation et condensation : le point faible

Le métal ne laisse pas passer la vapeur d’eau. Si l’air humide de la maison atteint la sous-face froide du zinc, il condense. La fiche de l’AQC cite la condensation en sous-face par défaut de ventilation du complexe couverture, écran et isolant parmi les principales pathologies des grands éléments. Une lame d’air ventilée sous le support, avec des entrées d’air en bas et des sorties en haut, évacue cette humidité.

Le bruit de la pluie sur le métal tient lui aussi à la composition du toit : support, isolant et ventilation jouent davantage que le zinc lui-même. C’est une question à poser au zingueur avant les travaux.

Métaux incompatibles et percements

Deux règles de la fiche de l’AQC méritent d’être connues. La première : même sans contact, les gouttières en zinc sont interdites sous une couverture en cuivre, car l’eau qui a ruisselé sur le cuivre attaque le zinc. Plus largement, les contacts et les ruissellements entre métaux différents provoquent des corrosions. La seconde : les percements faits sur chantier sont déconseillés sur les tasseaux, les joints debout et les points singuliers. Une antenne ou un support de panneau se fixe avec des pièces prévues pour la couverture.

La fiche rappelle aussi que la plupart des infiltrations se produisent aux points singuliers : faîtages, noues, arêtiers, solins, rives, égouts et traversées. Pour un raccord contre un mur, la bande de solin métallique fait la liaison avec l’ouvrage vertical ; voyez le solin de toiture.

Entretien d’un toit en zinc

Le zinc demande peu d’entretien. Il faut surtout garder les évacuations libres : feuilles et mousses dans les gouttières et les noues retiennent l’eau contre le métal. Un contrôle des solins et des joints après les tempêtes complète la surveillance. Un nettoyage agressif ou abrasif abîme la patine ; le zingueur choisit la méthode adaptée.

À surveiller depuis le sol

  • Une feuille gondolée ou un joint ouvert, signe d’une dilatation mal reprise.
  • Des gouttières ou des noues encombrées de feuilles et de mousses.
  • Des traces blanchâtres ou des piqûres sur le zinc près d’un autre métal.
  • Depuis les combles, des gouttes ou des auréoles sous le support après une nuit froide.

Comment ça se passe

  1. Le zingueur vérifie la pente, la charpente et la ventilation prévue sous la couverture.

  2. Il pose le support continu en voliges ou en panneaux de bois.

  3. Il façonne les feuilles et les fixe par des pattes fixes et coulissantes, ou les relève contre des tasseaux.

  4. Il ferme les joints debout ou pose les couvre-joints sur les tasseaux.

  5. Il traite le faîtage, les rives, les noues et les solins avec des pièces de zinguerie.

Les mots du couvreur

Joint debout
Assemblage de deux feuilles par leurs bords relevés et pliés ensemble, formant une nervure verticale.
Tasseau
Liteau de bois fixé dans le sens de la pente, contre lequel se relèvent les feuilles de zinc.
Patte
Petite pièce métallique cachée dans le joint qui tient la feuille sans la percer.
Volige
Planche mince clouée sur les chevrons, qui forme le support continu du zinc.

Quand passer la main

Pour poser ou réparer un toit en zinc, faites appel à un couvreur zingueur : le façonnage, les pattes de dilatation et les raccords demandent un savoir-faire précis. Un charpentier intervient si le support ou les chevrons sont abîmés. Pour un changement de couverture, la mairie vous dira si une déclaration est nécessaire. Le métal est glissant, surtout mouillé : le risque de chute impose de laisser ce travail au professionnel équipé.

Questions fréquentes

Quels sont les inconvénients du zinc ?
Le zinc condense en sous-face si la ventilation manque, se déforme si sa dilatation est bloquée et réagit mal au contact d’autres métaux comme le cuivre. Sa pose demande un zingueur qualifié.
Quelle isolation sous toiture en zinc ?
L’isolant se place sous le support, avec un pare-vapeur côté intérieur et, dans les toitures ventilées, une lame d’air entre l’isolant et le support du zinc. La composition exacte se décide avec le zingueur selon le DTU et la pente.
Quels sont les différents types de toitures ?
Les toits se classent par forme (deux pans, quatre pans, monopente, plat) et par couverture : tuile, ardoise, zinc et autres métaux, chaume, lauze, bardeaux ou végétalisation. Le zinc fait partie des couvertures en grands éléments.

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