Règles et métierRègle
Pente de toiture
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Le pureau est la partie d’une tuile ou d’une ardoise qui reste visible une fois la couverture posée. Nous expliquons comment il se déduit du recouvrement, pourquoi il fixe l’écartement des liteaux et comment la pente le fait varier.
Rédigé par Clémence Aubriot · mis à jour le

Réponse courte
Le pureau est la partie visible d’une tuile ou d’une ardoise posée, celle qui reçoit la pluie. Le reste est caché sous le rang supérieur : le faux pureau et le recouvrement. Le pureau fixe l’écartement des liteaux et diminue quand la pente baisse, car le recouvrement doit alors augmenter.
Une tuile ou une ardoise posée se divise en trois parties. Le calepin de chantier des couvreurs, établi par la profession avec le CSTB, les nomme ainsi : le pureau est la partie apparente, le faux pureau ou pureau caché se trouve juste au-dessus, sous le rang supérieur, et le recouvrement occupe le haut de l’élément, qu’aucune goutte ne doit atteindre.
Le pureau est donc la seule partie mouillée directement par la pluie. Le recouvrement est la garantie : il empêche l’eau poussée par le vent ou remontant par capillarité de passer au-dessus de l’élément. Plus il est long, plus la couverture est sûre, mais plus il faut d’éléments.
Sur une ardoise ou une tuile plate posée à double recouvrement, le faux pureau a la même hauteur que le pureau, puisqu’il est caché par le pureau du rang supérieur. La longueur de l’élément vaut donc deux pureaux plus le recouvrement. Le couvreur part de la longueur de l’ardoise ou de la tuile, retire le recouvrement exigé, puis divise le reste par deux pour obtenir le pureau.
Pour les tuiles à emboîtement, le calcul est différent : le pureau dépend du dispositif d’emboîtement. Certains modèles ont un pureau fixe, d’autres un pureau variable dans une plage indiquée par le fabricant. La fiche technique du modèle donne la valeur. Les règles de pose relèvent des DTU de la série 40.2 pour les tuiles et de la série 40.1 pour les ardoises.
Le calepin des couvreurs le résume : l’écartement des liteaux correspond au pureau de la tuile, et il varie selon le type de tuile. Une fois le pureau connu, le couvreur divise la longueur du rampant en rangs égaux, ajuste au besoin le pureau dans les limites admises, puis trace les liteaux au cordeau avant de les clouer. Le démarrage à l’égout conditionne toute la suite.
Le pureau sert aussi à compter les éléments. La surface visible d’une tuile, son pureau multiplié par sa largeur utile, donne le nombre de tuiles au mètre carré ; notre page combien de tuiles au m² détaille ce calcul.
Le recouvrement exigé dépend de la pente, de la région et de l’exposition au vent. Sur une pente de toiture faible, l’eau s’attarde et remonte plus facilement : le recouvrement augmente et le pureau raccourcit. L’exposition des services du patrimoine de la Lozère l’illustre sur la lauze : les rangées se recouvrent sur les deux tiers de la surface, le tiers visible formant le pureau, et sur les trois quarts pour les pentes les plus faibles.
Une même tuile peut donc avoir un pureau différent d’un toit à l’autre. C’est aussi pourquoi une toiture monopente à faible pente se couvre souvent en métal plutôt qu’en tuiles : en dessous d’une certaine pente, aucun recouvrement ne suffit, et l’on passe au toit plat étanché.
Sur la plupart des toits modernes, le pureau est régulier : tous les rangs ont la même hauteur visible. Les couvertures anciennes en pierre suivent une autre logique. Pour la lauze de schiste, l’exposition de la Lozère décrit une pose à dimensions décroissantes de l’égout au faîtage : les grandes pierres en bas, les petites en haut, et un pureau qui diminue avec elles. Les CAUE de Midi-Pyrénées notent de même que la lauze calcaire se pose avec un pureau variable, qui définit la silhouette du toit.
Sur les tuiles plates anciennes, la fiche d’Île-de-France rappelle que le recouvrement varie avec les dimensions des tuiles. Des tuiles légèrement irrégulières, posées avec un pureau qui s’adapte, donnent l’aspect souple des toitures traditionnelles.
Le couvreur identifie le matériau, son modèle et le DTU qui s’applique.
Il détermine le recouvrement selon la pente, la région de vent et l’exposition du site.
Il en déduit le pureau, ou le choisit dans la plage admise par le fabricant.
Il divise le rampant en rangs égaux et ajuste le pureau si nécessaire.
Il trace les liteaux au cordeau, en soignant le premier rang à l’égout.
Quand passer la main
Le calcul du pureau et le traçage des liteaux reviennent au couvreur, qui suit le DTU du matériau et la fiche du fabricant. En cas de liteaux affaissés ou de charpente déformée, faites intervenir un charpentier. Pour une toiture ancienne ou protégée, la mairie et l’architecte des Bâtiments de France peuvent imposer le matériau et son aspect. N’intervenez pas sur la couverture : le risque de chute est réel.
Nous avons lu le calepin de chantier « Couvertures en tuiles » de la profession, l’exposition du service de l’architecture et du patrimoine de la Lozère sur la lauze, la fiche des CAUE de Midi-Pyrénées sur la lauze calcaire et la fiche patrimoine sur la tuile plate, lus le 12/10/2026.
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