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Le pureau
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Savoir combien de tuiles au m² couvrent un toit revient à connaître la surface visible de chaque tuile une fois posée. Nous donnons la méthode, quelques ordres de grandeur tirés de documents officiels et les erreurs à éviter dans le calcul de la surface.
Rédigé par Clémence Aubriot · mis à jour le

Réponse courte
Le nombre de tuiles au m² dépend du modèle : il se lit sur la fiche du fabricant ou se calcule en divisant un mètre carré par la surface visible d’une tuile, soit son pureau multiplié par sa largeur utile. Les tuiles grand moule sont peu nombreuses au m², les petites tuiles plates beaucoup plus.
Une tuile posée ne montre qu’une partie d’elle-même : le reste est caché sous le rang du dessus. La partie visible s’appelle le pureau. Le calepin de chantier des couvreurs, établi par la profession avec le CSTB, le définit comme la partie apparente de la tuile, par opposition au recouvrement et au faux pureau cachés. C’est la clé du calcul : une tuile couvre une surface égale à son pureau multiplié par sa largeur utile, c’est-à-dire la largeur qu’elle couvre une fois emboîtée ou posée contre sa voisine.
Le nombre de tuiles au mètre carré s’obtient donc en divisant un mètre carré par cette surface visible. Le même calepin rappelle que l’écartement des liteaux correspond au pureau de la tuile et qu’il varie selon le type de tuile. Notre page sur le pureau en couverture détaille ces notions.
Pour les tuiles à emboîtement, le calepin des couvreurs appelle « grand moule » une tuile dont le nombre au mètre carré est compris entre 10 et 15. Ce sont les tuiles mécaniques larges que l’on voit sur beaucoup de maisons récentes.
Les tuiles plates sont bien plus petites. Une fiche conseil des services de l’architecture et du patrimoine d’Île-de-France donne ces densités pour les tuiles plates « petit moule » :
| Format de la tuile plate | Nombre au m² |
|---|---|
| 31×19 cm | de 40 à 44 |
| 27×17 cm | environ 60 |
| 15×26 cm | environ 80 |
L’écart vient de la double épaisseur : une tuile plate se pose à double recouvrement, chaque rang couvrant le joint du rang inférieur, ce qui réduit sa surface visible. Pour les tuiles canal, le compte dépend de la pose, tuiles de courant et tuiles de couvert, et se lit sur la fiche du fabricant.
L’erreur la plus fréquente consiste à prendre la surface au sol de la maison. Un pan incliné est plus grand que son emprise horizontale, et l’écart grandit avec la pente. On mesure donc la longueur du rampant, de l’égout au faîtage, que l’on multiplie par la longueur du pan. Les plans de la maison ou une mesure depuis les combles suffisent ; inutile de monter sur la couverture. Notre page sur la pente de toiture explique la relation entre pente, hauteur et projection horizontale.
Les débords de toit, les lucarnes et les fenêtres de toit modifient la surface à couvrir. Les rives, le faîtage, les arêtiers et les noues demandent des tuiles spéciales (tuiles de rive, faîtières, tuiles de ventilation), comptées au mètre linéaire et non au mètre carré.
Sur une même tuile, le recouvrement n’est pas toujours le même. La fiche d’Île-de-France rappelle que l’étanchéité d’une tuile plate est assurée par le recouvrement, variable suivant les dimensions des tuiles, et qu’il en résulte un poids variable de couverture, auquel la charpente doit être adaptée. Les DTU de la série 40.2 fixent ces recouvrements selon la pente, la région et l’exposition. Un recouvrement plus grand réduit le pureau et augmente le nombre de tuiles au mètre carré.
Certaines tuiles à emboîtement acceptent un pureau variable dans une plage donnée par le fabricant, ce qui facilite l’ajustement des rangs sur un rampant de longueur quelconque. D’autres ont un pureau fixe. Dans les deux cas, la fiche technique du modèle donne la valeur à retenir.
Le compte théorique ne suffit jamais. Les rives, les noues et les arêtiers obligent à couper des tuiles, et quelques pièces cassent au transport ou à la pose. Le couvreur ajoute une marge selon la complexité du toit. Gardez aussi quelques tuiles de réserve après les travaux : un modèle ancien devient vite introuvable lorsqu’il faut remplacer une tuile cassée.
Le couvreur relève le modèle de tuile, sa fiche technique et le DTU applicable.
Il mesure les rampants et les longueurs de pans sur plans ou depuis les combles.
Il fixe le pureau selon la pente, la région et l’exposition.
Il calcule le nombre de tuiles courantes, puis les accessoires au mètre linéaire.
Il ajoute une marge pour les coupes et la casse, et prévoit une réserve.
Quand passer la main
Le calcul des tuiles fait partie du travail du couvreur : il tient compte du modèle, de la pente, de la zone de vent et des accessoires. Pour un changement de modèle plus lourd, faites vérifier la charpente par un charpentier. Si la couleur ou le modèle change, la mairie peut exiger une déclaration préalable. Ne montez pas sur le toit pour compter ou mesurer : le risque de chute est réel, les plans et les combles suffisent.
Nous avons lu la fiche conseil « La couverture en tuile plate de terre cuite » des services de l’architecture et du patrimoine d’Île-de-France et le calepin de chantier « Couvertures en tuiles » de la profession, lus le 12/10/2026. Les nombres de tuiles au m² cités viennent de ces deux documents.
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