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Pente d’une gouttière : pourquoi l’eau doit filer vers la descente

La pente d’une gouttière est le léger dénivelé qui conduit l’eau vers la descente. Il ne se voit presque pas à l’œil nu, mais quand il manque, l’eau stagne, déborde et finit sur la façade.

Rédigé par Gaspard Lhermite · relu par Clémence Aubriot · mis à jour le

Gouttière demi-ronde en zinc fixée sous un bord de toit, avec ses crochets et une descente

Réponse courte

D’après la FFB, qui cite le DTU 40.5, gouttières et chéneaux doivent avoir une pente minimale de 5 mm/m, soit un centimètre tous les deux mètres, orientée vers la descente. Posés avec une pente inférieure ou égale à 3 mm/m, ils sont considérés comme sans pente et se dimensionnent autrement. Le réglage revient au zingueur.

La valeur à connaître

La Fédération française du bâtiment (FFB) résume les règles de dimensionnement des évacuations d’eaux pluviales, fixées par le DTU 60.11, et renvoie au DTU 40.5 pour leur conception sur les couvertures. Elle écrit que les gouttières et chéneaux doivent être établis de telle sorte que les eaux pluviales soient conduites le plus directement possible vers les tuyaux de descente, et qu’ils doivent avoir une pente minimale de 5 mm/m selon le DTU 40.5.

Concrètement, 5 mm par mètre représente un centimètre de dénivelé tous les deux mètres. Sur une façade de dix mètres avec une seule descente à une extrémité, l’autre bout de la gouttière se trouve donc environ cinq centimètres plus haut. Exprimée en pourcentage, cette pente vaut un demi pour cent. C’est très peu : à l’œil, une gouttière bien réglée paraît presque horizontale.

Il s’agit d’un minimum. Le DTU et le calcul de la section de la gouttière, qui dépend de la surface de toit desservie, déterminent le reste. La FFB rappelle que le débit d’eaux pluviales récolté dépend de la surface en plan de la toiture concernée, c’est-à-dire de sa projection à l’horizontale.

Et une gouttière sans pente

Le même texte de la FFB précise un point que l’on lit rarement : les gouttières et les chéneaux posés avec une pente inférieure ou égale à 3 mm/m sont considérés comme des gouttières sans pente, et doivent être calculés comme tels, selon la norme européenne NF EN 12056-3 et les modalités du DTU 60.11. Une pose sans pente n’est donc pas interdite par principe, mais elle change le calcul : le débit admissible retenu est minoré, et la section comme le nombre de descentes en découlent.

Pour les chéneaux, ces canaux posés sur le mur ou entre deux versants, la FFB rappelle qu’ils doivent obligatoirement comporter un orifice de trop-plein, pour éviter que l’eau ne pénètre dans le bâtiment si l’évacuation se bouche. Ce sujet est proche de celui d’un chéneau en limite de propriété.

Où mettre le point haut

La pente se règle entre un point haut et un point bas, le départ de la descente. Sur une gouttière courte, une seule pente suffit. Sur une grande longueur, le zingueur peut placer le point haut au milieu et répartir l’eau vers deux descentes, une à chaque extrémité : la gouttière garde une pente réelle sans que son bout se retrouve trop bas sous le toit. Le nombre et la place des descentes se décident avec le calcul de la section, pas au jugé.

La gouttière est souvent fixée sur la planche de rive ou sous les tuiles de l’égout, sur le débord du toit. Si cette rive n’est pas droite, la pente de la gouttière s’en ressent : le zingueur compense en réglant chaque crochet.

Comment le zingueur règle la pente

Nous décrivons son travail pour que vous le compreniez. Il repère le départ de la descente, fixe le crochet du point haut, puis tend un cordeau ou utilise un niveau jusqu’au point bas en tenant compte du dénivelé voulu. Les crochets intermédiaires sont posés sur cette ligne, à intervalle régulier, puis la gouttière est posée, assemblée et raccordée à la descente. Il vérifie ensuite l’écoulement avec de l’eau.

Ce travail se fait sur une échelle ou un échafaudage, en bord de toit. L’accès par échelle fait partie des situations de chute de hauteur citées par l’INRS : ce n’est pas un geste à improviser. La fiche d’entretien des couvertures de l’AQC rappelle que l’entretien des gouttières, comme le reste de la toiture, demande des moyens d’accès sécurisés.

Une pente de gouttière, pas une pente de toit

La pente d’une gouttière se compte en millimètres par mètre et ne sert qu’à faire couler l’eau dans un canal. La pente de toiture, elle, se compte en pourcentage ou en degrés, se lit sur le versant et conditionne le choix des tuiles, des ardoises et du recouvrement. Les deux ne se confondent pas, même si une gouttière doit être dimensionnée pour l’eau qui descend du versant.

À surveiller depuis le sol

  • Pendant une pluie, depuis le sol : que l’eau sorte bien en bas de la descente et ne saute pas le bord de la gouttière.
  • Depuis une fenêtre d’étage, après la pluie : la présence d’eau stagnante ou de dépôts dans le fond.
  • Depuis la rue : la ligne de la gouttière, qui doit descendre régulièrement vers la descente, sans creux.
  • Au regard en pied de chute, quand il existe : un bon écoulement et la couleur de l’eau, comme le conseille l’AQC.

Les signes

  • Eau qui reste dans la gouttière plusieurs heures après la pluie, visible depuis une fenêtre d’étage.
  • Débordement en milieu de façade alors que la descente est dégagée.
  • Gouttière qui se creuse entre deux crochets, avec une contre-pente visible.
  • Coulures, mousses ou traces vertes sur la façade sous un même point de la gouttière.
  • Végétation qui pousse dans la gouttière, signe d’une eau et de dépôts qui stagnent.

Les mots du couvreur

Descente
Tuyau vertical qui conduit l’eau de la gouttière jusqu’au sol ou au réseau.
Naissance
Pièce qui raccorde le fond de la gouttière au haut de la descente.
Crochet
Support métallique fixé sous le toit ou sur la planche de rive, qui porte la gouttière.
Trop-plein
Orifice qui laisse sortir l’eau d’un chéneau si l’évacuation principale se bouche.

Quand passer la main

Pour une gouttière qui stagne ou déborde, adressez-vous à un zingueur ou à un couvreur : il vérifiera la pente, la section et le nombre de descentes, et travaillera avec les protections contre la chute. Si l’eau a endommagé la façade ou une pièce, prévenez votre assureur. En copropriété, le signalement passe par le syndic.

Questions fréquentes

Quel pourcentage de pente pour une gouttière ?
La pente minimale citée par la FFB selon le DTU 40.5 est de 5 mm/m, ce qui correspond à un demi pour cent. C’est un minimum : la section et le nombre de descentes se calculent selon la surface de toit desservie.
Comment régler la pente d’une gouttière ?
C’est un travail de zingueur ou de couvreur, en hauteur. Il fixe le point haut, trace la ligne de pente jusqu’à la descente, pose les crochets sur cette ligne et contrôle l’écoulement. Une contre-pente se corrige en reprenant les crochets concernés.
C’est quoi une pente à 10 % ?
C’est un dénivelé de dix centimètres pour un mètre parcouru à l’horizontale. Cette valeur décrit plutôt la pente d’un toit, d’une rampe ou d’un terrain : pour une gouttière, la pente minimale citée par la FFB est vingt fois plus faible.

Ce que nous avons lu

Nous avons lu la page de la FFB « DTU 60.11 : dimensionnement des évacuations des eaux pluviales » (FFB, DTU 60.11), lue le 12/10/2026, pour la pente minimale citée selon le DTU 40.5, le cas des gouttières sans pente et le trop-plein des chéneaux ; la fiche d’entretien « Les couvertures » de l’AQC (AQC, fiche G.09), lue le 12/10/2026 ; et la page de l’INRS sur les chutes de hauteur (INRS), lue le 12/10/2026.

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