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Éléments du toitÉlément du toit

L’arêtier, l’arête saillante entre deux pans du toit

L’arêtier est l’arête inclinée qui sépare deux versants d’un toit, par exemple sur un toit à quatre pans. Le mot désigne à la fois une pièce de charpente et l’ouvrage de couverture qui rend cette arête étanche.

Rédigé par Gaspard Lhermite · relu par Clémence Aubriot · mis à jour le

Ligne d’arêtier en tuiles arêtières sur un toit à quatre pans en tuiles de terre cuite

Réponse courte

L’arêtier est l’arête saillante et inclinée où deux versants se rencontrent, de l’extrémité du faîtage jusqu’à l’angle bas du toit. En charpente, c’est la pièce de bois oblique qui porte cette arête. En couverture, c’est l’ouvrage qui la rend étanche : tuiles arêtières, ardoises taillées ou bande métallique.

Un mot, deux métiers

En charpente, l’arêtier est la pièce de bois oblique qui forme l’angle saillant d’une croupe, ou l’arête d’intersection de deux versants. Le guide technique de la charpente industrialisée publié par le CODIFAB définit la croupe comme un pan de toit de forme généralement triangulaire : c’est le petit versant qui remplace le pignon sur un toit à quatre pans. L’arêtier descend de l’extrémité du faîtage jusqu’à l’angle des murs, et les chevrons courts qui viennent s’y appuyer s’appellent des empannons.

En couverture, l’arêtier désigne l’ouvrage qui rend cette arête étanche. Sur un toit en tuiles, c’est généralement une ligne de tuiles arêtières, proches des tuiles faîtières. Sur un toit en ardoises, il peut être fermé, avec des ardoises taillées qui se rejoignent sur l’arête, ou couvert d’une bande métallique. Sur une couverture métallique, c’est une bande d’arêtier façonnée.

Le mot existe aussi en menuiserie, pour des ouvrages de forme pyramidale ; cette page s’en tient au toit.

Arêtier, faîtage, noue : trois lignes différentes

Le faîtage est la ligne horizontale du sommet du toit. L’arêtier est une ligne inclinée qui part de l’extrémité du faîtage et descend vers un angle de la maison. Sur un toit à deux pans, il n’y a pas d’arêtier ; sur un toit à quatre pans, il y en a quatre. La noue d’un toit est l’inverse de l’arêtier : un angle rentrant, en creux, qui recueille l’eau des deux versants. L’arêtier, lui, la rejette de part et d’autre.

Côté charpente, le Comité national pour le développement du bois note que la ferme traditionnelle est une solution appréciable quand la charpente comporte des raccords comme les noues et les arêtiers. Les croupes demandent un tracé précis, l’une des spécialités du charpentier ; nous en parlons dans la page sur une charpente traditionnelle.

Les formes de l’arêtier en couverture

Sur les toits en tuiles, les tuiles arêtières, coniques ou angulaires, se posent en ligne sur l’arête, du haut vers le bas. Elles sont scellées au mortier ou posées à sec avec des fixations mécaniques, avec ou sans closoir de ventilation. Une tuile spéciale, l’about d’arêtier, ferme l’extrémité basse. Sur des toits anciens, il arrive que l’arêtier ne soit qu’un cordon de mortier entre les deux pans.

Sur les toits en ardoises, on rencontre l’arêtier fermé, où les ardoises sont taillées pour se rejoindre sur la ligne d’arête, l’arêtier à noquets, avec de petites pièces métalliques glissées sous chaque rang, et l’arêtier à bande de recouvrement, où une bande de zinc ou de cuivre couvre l’arête.

Sur les couvertures métalliques, l’arêtier se traite selon le DTU de la couverture et les prescriptions de mise en œuvre du matériau.

Ce qui abîme un arêtier

L’AQC classe les arêtiers parmi les liaisons entre versants, des points singuliers où se concentrent la plupart des infiltrations des couvertures en petits éléments. Plusieurs causes reviennent :

  • le vent, qui attaque les arêtes et soulève les tuiles mal fixées ;
  • le mortier de scellement, qui fissure avec les cycles de gel et de dégel et finit par se détacher ;
  • un closoir trop étroit, qui laisse passer la pluie poussée par le vent ;
  • les mousses et lichens, qui s’installent dans les joints et retiennent l’humidité.

Sur le closoir, la fiche de l’AQC cite le DTU : le recouvrement du closoir souple en aluminium sur les tuiles doit être au moins égal au recouvrement de la tuile, et dans tous les cas d’au moins 8 cm pour les pentes supérieures à 45 % et d’au moins 10 cm pour les pentes inférieures ou égales à 45 %. En dessous, l’eau entre lors des pluies avec vent.

Ce que fait le couvreur

Nous décrivons l’intervention pour que vous la compreniez. Un arêtier se trouve sur une arête, sans appui plat, au-dessus du vide : c’est un poste de travail exposé au risque de chute, que l’INRS range parmi les situations de chute de hauteur. Le couvreur dépose les tuiles arêtières abîmées, purge le vieux mortier, contrôle la tête des tuiles des deux versants et la pièce de bois qui porte la ligne, puis repose les arêtières au mortier adapté ou à sec avec un closoir, du bas vers le haut. Si la pièce de charpente est atteinte, le charpentier intervient avant lui.

À surveiller depuis le sol

  • Depuis le jardin ou la rue, aux jumelles : la rectitude de chaque ligne d’arêtier et l’absence de vide.
  • Après un coup de vent : une tuile arêtière déplacée ou tombée au sol.
  • Au pied des angles de la maison : des débris de mortier ou de tuile.
  • Depuis les combles, après une pluie avec vent : des traces sur la pièce d’arêtier et les empannons.

Les signes

  • Tuile arêtière déplacée, cassée ou manquante dans la ligne.
  • Morceaux de mortier tombés dans la gouttière ou au pied du mur, sous l’angle du toit.
  • Ligne d’arêtier qui ondule ou s’affaisse au lieu de rester droite.
  • Mousses épaisses le long de l’arête.
  • Trace d’humidité dans les combles, le long de la pièce d’arêtier.

Les mots du couvreur

Croupe
Pan de toit de forme généralement triangulaire, qui remplace le pignon sur un toit à quatre pans.
Empannon
Chevron court qui s’appuie sur l’arêtier ou sur la noue.
About d’arêtier
Tuile spéciale qui ferme l’extrémité basse de la ligne d’arêtiers.
Closoir
Bande, souple ou rigide, qui ferme l’espace entre les tuiles et la ligne de faîtage ou d’arêtier.

Quand passer la main

Pour une ligne d’arêtiers abîmée, adressez-vous à un couvreur : il travaille sur l’arête avec les protections contre la chute et contrôle les tuiles voisines. Si la pièce de bois d’arêtier est fendue, humide ou affaissée, un charpentier doit l’examiner. Après une tempête, prévenez votre assureur et gardez des photos prises depuis le sol.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un arêtier ?
C’est l’arête saillante et inclinée formée par la rencontre de deux versants, sur une croupe ou un toit à quatre pans. Le mot désigne la pièce de charpente qui porte cette arête et l’ouvrage de couverture qui la rend étanche.
Quelle est la différence entre un faîtage et un arêtier ?
Le faîtage est la ligne horizontale au sommet du toit. L’arêtier est une ligne inclinée qui part du faîtage et descend vers un angle de la maison. Un toit à deux pans a un faîtage mais pas d’arêtier.
Qu’est-ce qu’un arêtier en menuiserie ?
En menuiserie, l’arêtier désigne un ouvrage de forme pyramidale et la pièce de bois qui raccorde deux plans inclinés sur la même arête. Son tracé fait appel à la géométrie descriptive.

Ce que nous avons lu

Nous avons lu la fiche pathologie de l’AQC « Infiltrations sur couvertures en tuile » (AQC, fiche C.06), lue le 12/10/2026, pour les liaisons entre versants et le recouvrement des closoirs ; le guide technique « La charpente industrialisée en bois » du CODIFAB (CODIFAB, lexique), lu le 12/10/2026, pour la définition de la croupe ; la page du CNDB sur les charpentes (CNDB), lue le 12/10/2026 ; et la page de l’INRS sur les chutes de hauteur (INRS), lue le 12/10/2026.

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