Aller au contenu

MatériauxMatériau

Les bardeaux de toiture : bois fendu, bois scié et bitume

Les bardeaux sont de petites planchettes posées en rangs qui se recouvrent, comme des tuiles de bois. Nous distinguons les bardeaux de bois, fendus ou sciés, des bardeaux bitumés, et nous expliquons leur pose, leur vieillissement et les règles qui les encadrent.

Rédigé par Clémence Aubriot · mis à jour le

Toit de chalet couvert de bardeaux de mélèze grisés posés en rangs serrés

Réponse courte

Un bardeau est une petite planche de couverture posée en rangs qui se recouvrent. En bois, il est fendu dans le sens des fibres ou scié, en mélèze, épicéa, châtaignier, chêne ou cèdre rouge. Le bardeau bitumé est une plaque souple clouée sur un support continu. Chacun a ses règles de pose.

Ce qu’on appelle un bardeau

Le bardeau est un petit élément de couverture en bois, posé en rangs qui se recouvrent comme des tuiles. Les mots changent d’une vallée à l’autre : tavaillons, ancelles, essentes, essendoles ou bardelis. La fiche conseil des services du patrimoine des Hautes-Alpes rattache ces noms au mode de fabrication : on parle de bardeaux pour les pièces sciées, et plutôt de tavaillons, d’ancelles ou d’essentes pour les pièces fendues ou coupées.

Le terme « bardeau » désigne aussi le bardeau bitumé, une plaque souple imprégnée de bitume et surfacée de granulés, que l’on cloue sur un support continu. Ce produit a sa propre norme de pose, le DTU 40.14. Les deux familles n’ont en commun que le principe du recouvrement.

Le bardeau de bois : fendu ou scié

La Fédération française du bâtiment cite les essences employées pour les tavaillons : châtaignier, chêne, mélèze, cèdre rouge et épicéa, toujours sans traitement. Elle distingue deux familles. Les bardeaux fendus sont détachés du bois dans le sens des fibres, souvent de 25 à 35 cm de long et de 6 à 10 cm de large. Les bardeaux sciés, plus grands, de 40 à 60 cm de long, ont des fibres parfois coupées en travers.

La différence compte pour la durée : la fibre continue d’un bardeau fendu conduit l’eau vers le bas, alors que la fibre coupée d’un bardeau scié la laisse pénétrer. La fédération note une durabilité moindre pour les bardeaux sciés. Dans les Hautes-Alpes, la tradition emploie des planches de mélèze sciées dont on ne garde que le bois de cœur, imputrescible ; l’écorce et l’aubier sont exclus.

Comment les bardeaux de bois sont posés

Les bardeaux sont fixés avec des clous ou des chevilles sur des voliges, des planches posées sur les chevrons. Deux poses existent : la pose simple par recouvrement et la pose par double recouvrement, plus épaisse. Le couvreur décale les joints d’un rang à l’autre pour que l’eau ne trouve jamais de passage direct.

Au faîtage, la fiche des Hautes-Alpes décrit la pose à lignolet : le dernier bardeau dépasse de la face du toit du côté du vent dominant et ferme la ligne de faîtage. Les toits couverts de bardeaux sont souvent très pentus : une forte pente réduit l’action du poids de la neige sur la charpente. Vérifiez la pente de votre toiture avant d’envisager ce matériau.

Durée, teinte et entretien

Bien posé, un toit en bardeaux de mélèze peut durer plusieurs dizaines d’années sans entretien, selon la fiche conseil. Le bois grise vite au soleil : c’est un effet des ultraviolets, pas un signe de pourriture. La Fédération française du bâtiment signale aussi que certaines essences demandent un entretien conséquent.

Le point faible se situe aux raccords. La fiche conseil désigne l’entretien des solins, ces bandes qui raccordent la couverture à un mur ou à une cheminée, comme la première source d’altération. Les bardeaux les plus dégradés se remplacent à l’identique, même essence et même dimension.

Assurance et autorisation d’urbanisme

La Fédération française du bâtiment précise qu’à ce jour, seule l’application des tavaillons en bardage est considérée comme une technique courante au sens assurantiel. En couverture, les bardeaux de bois relèvent de règles professionnelles régionales. Avant des travaux, demandez à l’entreprise comment sa garantie décennale couvre ce type de toiture.

Refaire une toiture change l’aspect extérieur du bâtiment. La fiche des Hautes-Alpes rappelle qu’une autorisation d’urbanisme doit alors être demandée en mairie avant les travaux, et que le document d’urbanisme peut imposer la pente et le matériau. Pour une toiture en chaume ou en lauze, la logique est la même.

Les bardeaux bitumés

Le bardeau bitumé se pose sur un support continu en bois, ventilé en sous-face, du bas vers le haut, chaque rang recouvrant les clous du précédent. Le DTU 40.14 encadre sa mise en œuvre : pente minimale, longueur de rampant, fixation. Il se prête aux toits de forme complexe et aux petites constructions. Sa tenue dépend surtout de la qualité du support et de la ventilation, et de la fiche technique du fabricant pour le nombre de clous.

À surveiller depuis le sol

  • Des bardeaux soulevés, fendus ou manquants, visibles en rive ou au faîtage.
  • Des mousses ou des débris qui retiennent l’eau dans les recouvrements.
  • Un solin décollé au pied d’une cheminée ou contre un mur.
  • Depuis les combles, des taches d’humidité sur les voliges après une pluie ou une fonte de neige.

Comment ça se passe

  1. Le couvreur vérifie l’état parasitaire de la charpente et des voliges.

  2. Il dépose les bardeaux les plus dégradés et relève leur essence et leurs dimensions.

  3. Il pose les rangs du bas vers le haut, joints décalés, en recouvrement simple ou double.

  4. Il ferme le faîtage, souvent à lignolet du côté du vent dominant.

  5. Il reprend les solins et les raccords autour des cheminées et des murs.

Les mots du couvreur

Tavaillon
Petit bardeau de bois fendu, employé en couverture ou en bardage de façade.
Volige
Planche mince clouée sur les chevrons, qui sert de support aux bardeaux.
Aubier
Partie tendre du bois, sous l’écorce, moins durable que le bois de cœur.
Bardelis
Bardeau posé en protection des rives, sur les bords du toit.

Quand passer la main

Pour une couverture en bardeaux de bois, adressez-vous à un couvreur qui en pose déjà, souvent en zone de montagne, et demandez-lui comment son assurance couvre ce travail. Pour les bardeaux bitumés, un couvreur suit le DTU 40.14. Un charpentier contrôle les voliges et la charpente si elles sont attaquées. La mairie vous dira si une autorisation d’urbanisme est nécessaire. Ne montez pas sur le toit : le risque de chute est réel, surtout sur du bois humide.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un bardeau et un tavaillon ?
Les deux sont de petites planches de couverture en bois. La fiche conseil des Hautes-Alpes réserve plutôt « bardeau » aux pièces sciées et « tavaillon » aux pièces fendues ou coupées, plus petites. L’usage varie selon les régions.
Quelle est la pente minimale pour une toiture en bardeau ?
Elle dépend du type de bardeau. Pour le bardeau bitumé, le DTU 40.14 fixe une pente minimale et une longueur de rampant à respecter. Le bardeau de bois se pose traditionnellement sur des toits pentus. Le couvreur et la fiche du fabricant tranchent.
Quels sont les différents types de toitures ?
On distingue les toits par leur forme (à deux pans, à quatre pans, monopente, plat) et par leur couverture : tuile, ardoise, zinc, chaume, lauze, bardeaux ou toiture végétalisée. La pente conditionne le choix du matériau.

Sur le même pan

MatériauxMatériau

La lauze

La lauze est une pierre plate de schiste, de calcaire, de gneiss ou de phonolite utilisée en couverture. Plus épaisse et plus…

MatériauxMatériau

Toiture en chaume

Une toiture en chaume est une couverture en roseau, en paille de seigle ou de blé, parfois en jonc, en genêt ou…

Règles et métierRègle

Pente de toiture

La pente d’une toiture est le rapport entre la hauteur du pan et sa longueur horizontale. En pourcentage, c’est ce rapport multiplié…