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La lauze
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Une toiture en chaume est une couverture végétale faite de bottes de roseau ou de paille serrées sur la charpente. Nous décrivons sa pose, son entretien et ce qui l’use, à partir de la fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel consacrée aux savoir-faire chaumiers.
Rédigé par Clémence Aubriot · mis à jour le

Réponse courte
Une toiture en chaume est une couverture en roseau, en paille de seigle ou de blé, parfois en jonc, en genêt ou en bruyère, posée en couche épaisse sur des liteaux. Elle demande une pente forte, un artisan chaumier et un entretien suivi : démoussage, repiquage des trous et surveillance du faîtage.
Le mot chaume désigne d’abord la tige des céréales restée sur pied après la moisson. Par extension, il nomme toutes les couvertures végétales : paille de seigle ou de blé, jonc, roseau, genêt ou bruyère. Aujourd’hui, la grande majorité des toits neufs sont en roseau. La fiche d’inventaire du ministère de la Culture précise que ce roseau provient surtout de Camargue, où il est coupé chaque hiver, entre décembre et mars, une fois sec et défeuillé.
Le chaume se pose en bottes serrées, tête en haut et pied en bas : le pied de la botte, la partie la plus résistante, reste exposé aux intempéries. On le trouve encore en Brière, en Normandie et en Camargue, et de façon plus éparse dans d’autres régions où il n’a pas disparu. Le métier reste rare : la fiche compte moins d’une centaine de chaumiers en France.
Le chaume n’étanche que s’il est très incliné. La fiche d’inventaire indique que l’angle de la pente doit être supérieur à 45° pour que la pluie s’évacue vite le long des tiges. C’est bien plus raide que ce qu’acceptent la tuile ou l’ardoise : avant tout projet, vérifiez donc la pente de toiture existante avec un professionnel.
L’épaisseur d’une couverture neuve varie entre 32 cm et 35 cm de chaume, et peut aller jusqu’à 40 cm chez certains artisans. Malgré cette épaisseur, le matériau reste léger : la fiche note qu’il ne demande pas une forte charpente. Le chaume est serré contre des liteaux, ces tasseaux horizontaux cloués sur les chevrons. Le chaumier vérifie leur état avant la pose et remplace ceux qui manquent ou sont abîmés.
La pose avance de bas en haut, par rangs horizontaux, jusqu’à la ligne de faîtage. Le premier rang forme le talon et le larmier, façonné à angle droit par rapport au mur pour éloigner l’eau de la façade. Le deuxième rang fixe l’épaisseur de toute la couverture. Le chaume ne se pose jamais sous la pluie, car il ne doit pas garder d’humidité dans son épaisseur.
Deux techniques coexistent. La technique verticale, dite « à la poignée », avance par passées étroites depuis une échelle. La technique horizontale, dite « à la barre » ou « méthode hollandaise », est apparue en France dans les années 1970 : le chaume est comprimé entre les liteaux et des barres d’acier galvanisé, puis lié par des fils passés derrière les liteaux avec des aiguilles. Le chaumier égalise ensuite la surface à la palette et contrôle l’épaisseur avec une aiguille graduée. Selon la fiche, les deux méthodes se valent pour le rendu et la durée.
Le faîtage est l’endroit le plus exposé aux infiltrations. Deux familles existent. Le faîtage végétalisé repose sur une sous-couche étanche (mortier, pare-pluie ou feutre bitumé) recouverte de terre, où l’on plante du gazon, des iris, des joubarbes ou des sedums dont les racines tiennent la terre. Le faîtage maçonné associe une sous-couche de mortier ou un film étanche à une finition en ciment ou en tuiles.
Les rives, les noues et la souche de cheminée reçoivent beaucoup d’eau et demandent un entretien plus suivi. Autour de la cheminée, le chaume s’arrête à 70-80 cm de la souche, et un solin en mortier armé recouvre la jonction. Les fenêtres de toit sont traitées de la même façon, avec des pièces d’étanchéité.
La fiche d’inventaire retient une usure de l’ordre de 3 à 5 mm par an en moyenne et une durée de vie entre 35 et 40 ans. Sauf dégâts, aucun entretien n’est nécessaire dans les dix ou quinze premières années. La couverture est ensuite entretenue tous les deux ou trois ans, avec un contrôle visuel chaque année.
L’entretien comprend le démoussage, mené surtout à la main, au balai à gazon ou parfois au taille-haie, puis un retapage à la palette pour resserrer la surface. Il ne ressemble pas au démoussage d’une toiture en tuiles : pas de nettoyeur à haute pression sur du roseau. Le repiquage consiste à retirer le chaume abîmé et à réinjecter du chaume neuf dans les creux. Un traitement fongicide est parfois appliqué après l’entretien.
Une question écrite posée au Sénat en 2018 a signalé une dégradation prématurée de chaumes neufs par des champignons et des cyanobactéries. Elle soulignait l’absence de règles techniques reconnues par les assurances pour ce type de couverture, ce qui laissait des propriétaires sans prise en charge. Dans sa réponse, le ministère indiquait qu’une enquête de l’Agence qualité construction avait reçu trop peu de retours pour une exploitation statistique, et qu’un suivi de toitures instrumentées était engagé avec les chaumiers.
Le chaume est aussi un matériau combustible. Avant d’acheter une chaumière ou de refaire sa couverture, interrogez votre assureur sur les conditions de garantie, la distance des conduits de fumée et les traitements exigés. Certaines communes imposent le chaume dans des secteurs délimités par leur plan local d’urbanisme : la mairie vous dira ce qui s’applique à votre parcelle.
Le chaumier contrôle la charpente et remplace les liteaux manquants ou abîmés.
Les bottes sont montées sur le toit par temps sec, car le chaume ne doit pas stocker d’humidité.
Le premier rang forme le talon et le larmier, en bas du pan.
Les rangs suivants montent jusqu’au faîtage, liés par des fils ou serrés sous des barres d’acier galvanisé.
La surface est égalisée à la palette et l’épaisseur contrôlée à l’aiguille graduée.
Le faîtage est arasé puis rendu étanche, avec les rives, la souche de cheminée et les fenêtres de toit.
Quand passer la main
Pour la pose, le repiquage ou le démoussage, adressez-vous à un couvreur chaumier : peu de couvreurs pratiquent ce métier. Faites appel à un charpentier si les liteaux ou les chevrons sont abîmés. Interrogez votre assureur avant d’acheter une chaumière ou de lancer des travaux, et la mairie si le plan local d’urbanisme encadre le chaume. Le travail sur un toit de chaume expose à un risque de chute : il revient au professionnel équipé.
Nous avons lu la fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel « Les savoir-faire chaumiers » publiée par le ministère de la Culture, et la question écrite au Sénat sur la situation des propriétaires de chaumières avec sa réponse ministérielle, lues le 12/10/2026. La pente, les épaisseurs, l’usure et la durée de vie citées viennent de la fiche d’inventaire.
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